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Théorie de la connaissance · Philosophie des sciences

Épistémologie

L'épistémologie désigne, en français, l'étude philosophique des sciences — leurs méthodes, leurs concepts, leur histoire et leurs prétentions à la vérité. Dans la tradition anglo-saxonne, le mot recouvre plus largement la théorie de la connaissance : ce que c'est que savoir, et à quelles conditions une croyance peut être tenue pour justifiée.

Les deux acceptions cohabitent dans l'usage contemporain. Bachelard, Canguilhem et Foucault relèvent de la première ; Russell, Quine et Goldman de la seconde. Les pages qui suivent traitent les deux, sans privilégier l'une au détriment de l'autre.

DisciplinePhilosophie
Origineive s. av. J.-C.
Articles58
Penseurs16 majeurs
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L'épistémologie est la branche de la philosophie qui étudie la connaissance, et en particulier la connaissance scientifique : ce qui la distingue de la simple opinion, les méthodes par lesquelles elle s'élabore, les conditions de sa validité et la manière dont elle se transforme au cours de l'histoire.

Le mot est formé sur le grec epistêmê (science, savoir certain — opposé à la doxa, l'opinion) et logos (discours, étude). L'anglais epistemology apparaît au milieu du xixe siècle chez le philosophe écossais James Frederick Ferrier ; le français épistémologie s'impose au début du xxe siècle, d'abord au sens restreint d'étude critique des sciences. Voir la notice Épistémè.

Les grandes questions

Épistémologie, théorie de la connaissance, philosophie des sciences

En français, « épistémologie » désigne traditionnellement l'étude des sciences constituées — c'est le sens de Bachelard, Canguilhem ou de l'épistémologie historique. Sous l'influence anglo-saxonne, il recouvre aussi la théorie générale de la connaissance (parfois appelée gnoséologie). La philosophie des sciences en est la partie consacrée aux sciences particulières. Dans les sciences sociales et de gestion, enfin, on parle de paradigmes épistémologiques (positivisme, interprétativisme, constructivisme) pour désigner le positionnement d'une recherche.

Questions fréquentes

Quelle est la définition simple de l'épistémologie ?

L'épistémologie est l'étude philosophique de la connaissance : elle se demande ce que signifie savoir, comment une croyance peut être justifiée et comment les sciences produisent, testent et révisent leurs théories.

Quelle différence entre épistémologie et philosophie des sciences ?

La philosophie des sciences porte sur les sciences (méthode, explication, lois, théories). L'épistémologie, au sens large, porte sur toute connaissance, y compris ordinaire. En français, les deux termes sont souvent employés l'un pour l'autre.

Qui sont les principaux épistémologues ?

Parmi les classiques : Aristote, Descartes, Hume, Kant, Comte ; au xxe siècle, Bachelard, Popper, Kuhn, Quine, Lakatos, Feyerabend et Foucault.

À quoi sert l'épistémologie ?

Elle permet de comprendre ce que vaut un résultat scientifique, de distinguer science et pseudoscience, d'expliciter les présupposés d'une méthode de recherche et de penser l'histoire des savoirs. Elle est enseignée en philosophie, mais aussi en sciences sociales, en gestion et en sciences de l'éducation.

Par où commencer pour étudier l'épistémologie ?

Par les notions de connaissance et de vérité, puis les trois auteurs centraux des programmes français : Bachelard, Popper et Kuhn. Le lexique et la bibliographie complètent le parcours.

i.
  1. 01Connaissance Croyance vraie justifiée — la définition tripartite, ses limites, ses reformulations contemporaines.
  2. 02Vérité Correspondance, cohérence, pragmatisme, déflationnisme : les quatre grandes conceptions et leurs partisans.
  3. 03Croyance L'attitude propositionnelle de base, ses degrés, le rapport au savoir et à l'action.
  4. 04Justification Fondationnalisme, cohérentisme, fiabilisme : ce qui distingue savoir d'opinion bien fondée.
  5. 05Doute Le scepticisme pyrrhonien, le doute méthodique cartésien, l'argument du rêve et du malin génie.
  6. 06Induction Le passage du particulier au général ; pourquoi Hume tient ce passage pour injustifiable.
  7. 07Falsifiabilité Le critère poppérien de démarcation entre science et non-science. Sa portée, ses critiques.
  8. 08Paradigme La notion de Kuhn (1962) : matrice disciplinaire, science normale, révolutions scientifiques.
  9. 09Rupture épistémologique La discontinuité bachelardienne entre connaissance commune et connaissance scientifique.
  10. 10Obstacle épistémologique Ce qui, dans l'esprit même, freine la formation du concept scientifique. Bachelard, 1938.
  11. 11Épistémè Le savoir démonstratif opposé à la doxa chez Platon et Aristote ; le socle historique des savoirs chez Foucault.
  12. 12Scepticisme Pyrrhon, Sextus Empiricus, l'Académie, Montaigne, Hume : suspendre son jugement, et les réponses modernes au sceptique.
  13. 13Science normale Énigmes, anomalies, crises et révolutions scientifiques : le cycle décrit par Kuhn, avec ses définitions.
  14. 14Paradigmes épistémologiques Positivisme, interprétativisme, constructivisme, pragmatisme : situer et justifier le positionnement d'une recherche.
ii.
  1. 15Aristote Épistémè et doxa, démonstration syllogistique, théorie des quatre causes.
  2. 16René Descartes Doute méthodique, cogito, fondation du savoir sur l'évidence claire et distincte.
  3. 17John Locke Critique des idées innées, table rase, sensation et réflexion, qualités premières et secondes.
  4. 18G. W. Leibniz Vérités de raison et de fait, raison suffisante, innéisme virtuel contre Locke.
  5. 19David Hume Critique de la causalité, problème de l'induction, scepticisme empiriste.
  6. 20Emmanuel Kant Révolution copernicienne, jugements synthétiques a priori, limites de la raison.
  7. 21Auguste Comte Loi des trois états, classification des sciences, fondation du positivisme.
  8. 22Charles S. Peirce Maxime pragmatique, fixation de la croyance, abduction, vérité comme limite de l'enquête.
  9. 23Gaston Bachelard Rupture et obstacle épistémologiques, philosophie du non, formation de l'esprit scientifique.
  10. 24Georges Canguilhem Le normal et le pathologique, histoire conceptuelle des sciences du vivant.
  11. 25Karl Popper Falsifiabilité comme critère de démarcation, rejet de l'induction, rationalisme critique.
  12. 26Thomas Kuhn Paradigmes, science normale, révolutions, incommensurabilité.
  13. 27Imre Lakatos Programmes de recherche scientifique, noyau dur et ceinture protectrice.
  14. 28Paul Feyerabend Anarchisme épistémologique, anything goes, critique du monopole méthodologique.
  15. 29W. V. O. Quine Holisme de la confirmation, naturalisation de l'épistémologie, rejet de l'analytique.
  16. 30Michel Foucault Épistémè, archéologie du savoir, articulation savoir-pouvoir.